Château de Najac dans la brume

Premier article sur ce blog, je ne pouvais donc pas décevoir mon public et lui balancer de la photo bas de gamme, au risque de le perdre avant même d’avoir commencé !

Fixons d’ores et déjà les règles : lecteur, je vais te tutoyer. Si si, je te jure. Pas parce qu’on se connaît, pas parce que je manque cruellement d’éducation. Non. Simplement parce que tu es ici car tu as envie d’en apprendre plus sur la photo. Parce que quelque part, je suis un peu ton maître et tu es l’élève, et finalement, mes profs m’ont toujours tutoyé, alors… Mais si vraiment tu ne supportes pas ce langage familier, et bien… je te propose d’aller voir ailleurs. Nan, je déconne ! Mais fais un effort s’il te plait.

Mais revenons à nos moutons, c’est à dire à cette magnifique photo d’un non moins magnifique château. Un peu en ruines le château, je te l’accorde.

Cette photo a été prise fin juillet, à l’occasion d’une randonnée autour de Najac, en Aveyron (secteur que je te conseille pour tes prochaines vacances). Il faisait gris, la brume ne s’était pas encore dissipée, me donnant là l’occasion de faire un cliché original de la bâtisse.

Donc, on y va, on sort son appareil et on se demande “mais quels réglages dois-je bien faire pour obtenir un résultat satisfaisant ?”.

Tentons de répondre à cette épineuse question en commençant par un point tout à fait crucial : ce jour là, je n’avais pas pris de trépied… Oui je sais, c’est la loose totale, j’ai presque honte, mais comme tu es très gentil et surtout très magnanime, tu ne me jetteras pas la pierre (j’en profite quand même pour rappeler que le trépied est l’accessoire essentiel de tout photographe, et j’aurai l’occasion d’y revenir dans la rubrique “Les conseils”).

Pas de trépied donc… Va falloir composer sans.

Faisons d’ailleurs un petit point sur les éléments indispensables à la capture d’un si grandiose cliché :

  • Un appareil photo. Je sais, t’aurais jamais imaginé un truc pareil ! Dans mon cas, un réflex Nikon D60 et une optique 18-55mm (tu vois, on n’est pas dans le haut de gamme) ;
  • Un château à moitié démoli par le temps et surtout par quelques imbéciles qui ont cru bon de venir se servir en pierres de construction directement sur l’édifice ;
  • Un peu de brume et un ciel plutôt bas ;
  • Beaucoup de talent dans l’art de composer une photo. Ne t’inquiète pas, un jour, tu pourras rivaliser avec moi…

Alors attention, ça va devenir technique, on causer composition, ouverture, vitesse d’obturation, ISO, … que des sujets qui te passionnent.

Dans un premier temps, nous allons nous préoccuper de la composition. Essentiel… C’est quand même ce qu’on note en premier en regardant une photo. Et une composition réussie passe nécessairement par une décomposition (mais non, ne panique pas, je ne suis pas en train de te dire que tu es en train de te décomposer. Comme tu es sensible…). Une décomposition en 3 plans. L’amateur (t’as vu un peu comme je me la pète, genre “moi je suis un pro”) aura tendance à capturer 2 plans : la terre et le ciel par exemple. Perdu… ça donne de la photo plate, sans intérêt. Et on sait tous les 2 que tu ne veux pas ça. Donc, 3 plans. Un avant plan (ici, la forêt, à gauche et à droite), un plan intermédiaire (le château sur la bute) et un arrière plan (le ciel). Et là, on peut le dire : c’est beau… (si si, je te jure)

Causons sensibilité (après tout, on a dit que tu es quelqu’un de sensible). Comme tu le sais (car tu l’as lu plus haut et tu as une bonne mémoire), je n’avais pas de pied. Il s’agissait donc d’obtenir à tous les coups une photo nette, sans flou de bougé donc. Le temps étant assez couvert, j’ai monté la sensibilité à 200 (ISO).

Tu sais sans doute que ton appareil photo est équipé de plusieurs modes de prise de vue, notamment le mode “priorité à l’ouverture”, c’est à dire que tu choisis l’ouverture la plus adaptée à ta prise de vue et tu ne t’occupes pas de la vitesse, c’est l’appareil qui gère. C’est ce mode que j’ai choisi, tu t’en doutes… Ce mode est d’ailleurs le plus utile (à mon sens) pour les photographies de paysages.

J’ai ouvert à f=8, c’est à dire une ouverture intermédiaire qui me permet d’obtenir une image nette aussi bien sur l’avant plan que sur l’arrière plan. On ne va pas faire un cours d’optique maintenant, mais les grandes ouvertures (1,4-2,8 …) permettent de n’avoir net que le sujet principal et le reste flou, les petites ouvertures, c’est l’inverse. Mais nous y reviendrons un jour !

Moi, je voulais de la netteté partout, je dois être un peu maniaque…

Avec cette sensibilité et cette ouverture, j’ai obtenu une vitesse de 1/320 secondes, ce qui est largement assez rapide pour éviter tout flou de bougé (même sans trépied).

Enfin, ton regard aiguisé n’aura pas laissé échapper que cette photo est en noir et blanc. Pourquoi ? Parce qu’elle rendait nettement mieux qu’en couleur ! CQFD !

septembre 1, 2008 · Posted in Photographies  

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